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Éducation Nationale : quand le « pas de vague » fait place à un « tsunami de violence »


Progressivement, l’école a suivi le chemin de la société, avec ses effets positifs sur ses valeurs, ses services, sa mission mais aussi, ses constats dramatiques de de la violence du quotidien. L’enseignement classique et fondamental a cédé la place à l’enseignement thématique, jusqu’à muter en enseignement idéologique. Le père de famille que je suis s’interroge légitimement sur ce qu’il est en droit d’attendre de l’école, dans l’éducation de sa fille aujourd'hui ? Je me questionne sur une approche la plus constructive possible, souhaitant garder les valeurs essentielles de l’enseignement, tout en me réjouissant que l’école puisse participer à la capacité de réflexion de nos enfants. Je suis attaché à la liberté d’expression, à ce qui développe le libre arbitre de chacun, mais sommes-nous certains que nos enseignants disposent de tous les moyens d’instruction et pédagogiques, à leur disposition pour enseigner ces thématiques, en toute conscience et même sécurité.


L’actualité nous prouve que l’école n’est pas paradoxalement et malheureusement l’agora la plus sécurisée à la construction des esprits. En voulant mouvoir l’éducation dans une philosophie active du débat, n’avons-nous pas omis qu’il fallait prendre le temps d’y préparer les esprits, en oubliant d’expliquer aux parents la légitimité de cet éveil ? En effet, l’Éducation Nationale est prisonnière d’un paradoxe, en voulant évoluer du tout au tout, pour se protéger de ce bouleversement, elle prône en même temps le “pas de vague“, jusqu'à mettre en danger les professeurs pris dans la tourmente par des minorités incapables de percevoir le rôle d’enseignement philosophique et citoyen de l’école. Aussi, il est nécessaire que soit tout simplement reposées, exposées les bases et la mission de l’Education Nationale : cela s’inscrit dans un propos qui doit non seulement réaffirmer la noblesse des matières fondamentales, mais aussi promouvoir le cercle scolaire comme un espace de Vivre-Ensemble, s’appuyant sur un respect mutuel mais aussi sur une découverte de l’autre pour apprendre à cohabiter autour d’un socle de valeurs communes. Cette redéfinition doit être réaffirmée non seulement à destination des enfants, mais aussi de leurs parents, tout en faisant prendre conscience à chacun que la responsabilité est la même en milieu scolaire que dans la Société, milieu scolaire qui est précisément le premier lieu d’apprentissage pour “faire société“. En ayant le courage et la responsabilité de prôner l’intransigeance envers tout débordement ou violence au sein de nos établissements scolaires, chacun doit comprendre que la Loi ne peut tolérer aucun accommodement au prétexte que celle-ci serait bafouée dans le cadre de la scolarité.


Cette règle de bon sens doit être avant tout appliquée par l’Éducation Nationale qui doit accepter l’idée que la sanction fasse partie intégrante de l’éducation. Il est intolérable de voir des enfants de 7 ans faire régner la terreur au sein d’un établissement ; ces enfants sont perdus si d’un coté les parents ne sont pas tenus responsables des actes de leurs enfants, mais aussi, si de l’autre l’Éducation Nationale s’enlise dans la lâcheté. De cette violence presque ordinaire passant de la décapitation d’un professeur à un enfant de 7 ans brandissant un couteau à la cantine, nous devons mesurer la nécessité de ne pas confondre ce qui relève de l’éveil des consciences, de la tolérance, à ce qui induit l’idéologie destructrice du Vivre Ensemble. Ainsi, au prétexte de l’évolution de la Société, et d’une maladroite bienveillance, nous avons émis l’idée de tout un ensemble d’aménagements de circonstances, allant des repas différenciés à l’écriture inclusive, nous avons alors commis l’erreur de faire rentrer des idéologies singulières et communautaires revendiquées comme légitimes au coeur d’un bien commun éducatif où elles n’ont pas lieu d’être. Quand l’Education ne remplit plus sa mission première, quand elle ne connaît plus son rôle, quand elle s’éloigne de Jean Jaurès en offrant une “prime à la paresse de l’intelligence, oreiller commode pour le sommeil de l’esprit “ travestissant l’éveil de la pensée humaine en idéologie de circonstance, elle s’agrège à l’obscurantisme. C’est pourquoi, comme nous avons réfléchi récemment sur la Laicité, je pense qu’une réflexion profonde et impérieuse s’impose sur la scolarité, et que nous écrivions ensemble une charte de l’Éducation.

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