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Chacun de nous doit être à la fois solidaire et soldat

« Être un homme, c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde » Antoine De Saint Exupéry.


Cette citation pourrait, à elle seule, être le socle de notre réflexion sur le terrorisme islamiste.

Comment est-il possible que notre jeunesse puisse être réduite à la seule option de désintégrer notre Nation, sans jamais songer à participer à la construction de notre idéal républicain ?

Comment pouvons-nous envisager que nos murs soient désormais érigés pour nos protéger de nos ennemis plutôt que pour nous émanciper ?


Ces deux questions dessinent le piège qui nous guette, entre notre volonté d’éviter de perdre dans la radicalisation une jeunesse en échec dans notre société, devenant alors l’échec de notre société, et notre impérieuse nécessité de nous protéger de la menace islamiste sans rien céder de nos libertés:


« Sans égards, sans pitié, sans scrupules, « ils ont élevé de hautes murailles autour de moi.

« Et maintenant, je ne fais rien ici que de me désespérer.

« D’un tel destin de la pensée m’obsède et me ronge; « car j’avais beaucoup de choses à faire dehors.

« Pendant qu’on baissait des murs, ah, que n’ai-je pris garde. C’est à mon insu qu’ils m’ont enfermé hors du monde »


En attendant les barbares.


Effectivement, trouver le “bon ordre“ , les bonnes mesures, sans trahir une société anesthésiée par la peur et qui au nom de celle-ci serait prête à accepter des lois qui seraient un recul sur le plan des libertés publiques:


“Telle est la difficulté de la lutte contre le terrorisme qui ne doit céder à aucune tentation liberticide pour la collectivité, et ce, tout en étant implacable en matière de sécurité“ …passée l’émotion et la surenchère du moment, ne soyons pas naïfs, ce sera immanquablement le principal point de crispation.


Vivre dans une société devenue structurellement sécuritaire pourrait conduire certains esprits au “despotisme doux“ pour reprendre l’expression de Tocqueville, ainsi de la menace islamiste, prenons garde de ne pas fabriquer l’hydre sécuritaire déviant.


Pour cela, nous devons certainement comprendre que le citoyen est l’acteur de sa propre surveillance ; chacun est le policier de lui-même, nous devons former les citoyens à la responsabilité mais aussi à la vigilance.


Quand toute une Nation fait bloc au quotidien contre le terrorisme, elle est solidaire de l’autorité qu’elle ne voit plus comme une menace mais comme une alliée, et nul besoin alors de dispositif excessif : c’est une culture de la sécurité qui prend naturellement corps dans la société.


Nous devons garder nos esprits en éveil au quotidien, dans nos gestes les plus anodins, et pour cela, là aussi, comprendre que si cette prise de conscience collective pourrait s’apparenter à un Big Brother pour détecter la menace, il n’en sera rien si nous comprenons que “brother“ est le mot important.


C’est dans cette volonté de fraternité que nous devons aussi prendre en mains la jeunesse en proie à l’intégrisme en lui apportant aide psychologique pour la sortir de cette spirale radicale, car il ne peut y avoir de sanction efficace que si celle-ci est comprise et acceptée par l’intéressé.

Nous devons plus que jamais nous montrer intraitables, intransigeants envers toute dérive communautariste et implacables envers le terrorisme islamiste, mais nous ne pouvons faire l’économie de cette réflexion de solidarité et de vigilance quotidienne, à défaut de quoi nous continuerons à fabriquer des terroristes à la chaine.


Car chaque nouvelle menace amenant une nouvelle législation, et chaque nouvelle législation étant un pas de plus sur le chemin sécuritaire, chacun sait que le chemin securitaire est un chemin dont on ne revient pas ; c’est pourquoi chacun de nous doit être à la fois solidaire et soldat, pour que nous ne bâtissions pas un mur autour de nous.


« La sécurité souhaitable est celle dont on ne se rend plus compte parce qu’elle est notre seconde nature, si nous en sommes tous conscients nous trouverons le “bon ordre“ ».



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