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Coronavirus : le grand retour des collectivités et du dialogue social



Les moments improbables bousculent nos certitudes et nous appellent à reconsidérer ce que nous pensions secondaire, découvrant l’impérieuse nécessité de revoir notre organisation là où nous pensions pouvoir temporiser.


Dans un moment de réforme crucial, l’État a essayé de prioriser les objectifs, tout en voulant garder seul la main sur l’action et la décision, afin d’aller au plus vite pour parer à l’urgence de la situation.


Certes, dialogue, débat, concertation ont été menés avec les partenaires sociaux, les collectivités et les élus, mais en les plaçant en spectateurs de l’action, Ce qui a fragilisé les actions communes et la détermination d’un consensus.


Aujourd'hui, en pleine crise sanitaire, l’État, assis sur une bombe sociale à retardement, comprend que notre verticalité a atteint ses limites, et que la décentralisation, le dialogue social, sont les deux piliers indispensables au renfort de son action.


Les tensions sont exacerbées, les indicateurs sont dans le rouge et nous devons faire face collectivement pour lutter contre un péril social, économique qui ne pourra se résorber que sur une confiance commune et une pleine proximité pour être réactifs, conscients des besoins et des réalités.


Ce défit repose entièrement sur la notion de partenariat, partenariat avec les collectivités, avec nos territoires, avec nos partenaires sociaux. Il appartient à chacun de pouvoir jouer pleinement son rôle en ayant les moyens et les pouvoirs d’agir.


Cette proximité, cette conscience des désirs, des nécessités, des réalités doit pouvoir bénéficier de la simplification de notre modèle, pour ne plus se heurter à des directives administratives stériles, qui vont, dans les situations extrêmes jusqu'à mettre des vies en danger, nous l’avons malheureusement constaté.

Donner plus de pouvoir aux collectivités, plus d’écoute aux partenaires sociaux, c’est aussi remettre de l’humanité dans notre société. La proximité, le ressenti du réel, la vérité du terrain sont le moteur essentiel pour réparer un système dont la verticalité a fini par le couper de sa base, au point de ne pouvoir répondre à ses besoins les plus anodins, mais aussi et surtout, les plus vitaux.


Le maintien d’un dialogue social permanent, actif et constructif, tant au plan national que local, constitue la condition sine qua non d’une reprise économique saine et durable dans notre pays.


L’État ne pourra garder sa gouvernance que s’il s’engage à faire des corps intermédiaires, des collectivités territoriales, de véritables partenaires. Ce que nous vivons aujourd'hui l’illustre parfaitement : jamais ces composantes n’ont été aussi sollicitées pour répondre à l’urgence du quotidien, là où l’État était occupé à gérer une situation dans sa globalité, les strates de proximités ont géré les besoins réels, immédiats, en sachant s’organiser, décider, trouver les ressources pour parer à l’urgence et placer l’humain au cœur du sujet.


Personne ne peut nier cette évidence : nous avons besoin que chacun puisse assumer son rôle et comprendre qu’un État fort ne l’est que parce qu’il fait bloc, et ce, en répartissant intelligemment compétences et moyens, non pour se décharger de ses responsabilités, mais pour optimiser son action, agissant ainsi au bon endroit et au bon moment.


Nous devons tirer les enseignements de cette crise : l’État ne peut pas tout. S’il pense cela, il s’abime en se privant de ses compétences et d’une incroyable force d’action.

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