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Covid, sursaut décentralisateur ou glas de l’ultracentralisation ?

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons aura démontré, s’il était encore nécessaire, une évidente inefficacité de l’administration centrale.

Et même en étant bienveillant, la cohérence de nous outils d’intervention s’est révélée défaillante.

À force de vouloir tout contrôler, trop contrôler, l’État ne contrôle plus rien.


Les français, ont, à juste titre, l’impression que notre administration est en roue libre, lessivée par une cadence administrative qu’elle est incapable de suivre, fragilisant l’Exécutif et clivant le pays pris en otage entre le fantasme technocratique et la réalité du terrain.

Dans les crises majeures, nos démocraties ont besoin de réactivités, de sens pratique et de courage politique.


Mais cette pandémie s’illustre par un paravent de principe de précaution, de rigidité administrative et de process anesthésiants.

Le Covid a été révélateur de notre appareil d’état sclérosé par des énarques éloignés des besoins vitaux, nécessaires au fonctionnement du pays, allant jusqu’à instaurer l’inertie comme une action.

Chaque épreuve sociétale accouche d’un nouveau monde, chaque nouveau monde pointe du doigt le millefeuilles administratif, et pourtant inexorablement, chacun rajoute une couche à l’appareil, sans doute par gourmandises technocratique.

La verticalité de l’État s’écroule quand elle est incapable de faire ruisseler les compétences au sein de ses territoires.

Chaque maillon de la chaine irriguant l’autre : quand le sommet coupe les veines qui irriguent le pays, c’est la désertification qui assèche la cohésion nécessaire, jusqu'à rendre le sommet vulnérable à la moindre avarie.

Le rôle des territoires est fondamental, que ce soit dans la proximité pour répondre à l’urgence de la situation, ou dans la connaissance pour parer aux besoins.

Il y a une flexibilité et une maitrise concrète de l’environnement qui ne peuvent qu’être aux mains des Élus de terrains.

Maires et Préfets ont été priés d’appliquer l’inapplicable, de soutenir des mesures rédigées par la norme technocrate en dépit du bon sens et de leur faisabilité.

Dans notre pays, plus les directives pleuvent, plus on pense noyer le problème : cette situation, devenue insoutenable, est un obstacle absolu au vivre ensemble.

Chaque nouvelle norme connait son augmentation d’impôts ; la seule innovation est de reformer la norme, dans une nouvelle norme, justifiant davantage d’agents administratifs et d’imposition pour entretenir ce nouvel organigramme.

Le pays n’évolue pas pour autant.

Si nous ne devions tirer qu’une seule conséquence de cette pandémie, c’est que notre pays n’est pas en mesure de répondre aux enjeux car il est entravé par son administration et son refus de décentralisation.

Plus les dossiers s’empilent, plus nos gouvernements ont l’impression d’être tenus par un arceau de sécurité administrative.


Il est temps de lâcher-prise, que le Gouvernement du haut de sa verticalité se laisse basculer dans le vide.


Nous nous rendrions tous compte que tous les relais de terrains sont là : ce serait un choc de simplification fondamental et aucun crash ne serait à craindre, pour peu que la fonction territoriale soit réformée.