Rechercher

Fracture numérique où l’inégalité sociale contemporaine aggravée par le confinement



Aussi inconcevable cela puisse-t-il paraitre, à l’heure où certains ne peuvent pas envisager le confinement sans écran, des millions de Français doivent encore composer avec un manque d’équipement informatique ou un défaut de maitrise informatique, mais aussi avec des conditions de vie incompatibles avec le confinement, ainsi plus la privation de liberté se prolonge, plus on assiste à une détresse renforçant sentiment d’exclusion et manque de moyens.

Un simple bout de papier a mis en avant l’exclusion numérique, ainsi l’attestation de déplacement dérogatoire est devenue un parcours du combattant pour certains ne possédant ni ordinateur, ni imprimante, ou peu à l’aise avec le simple fait d’écrire ; quant à télécharger une application quand beaucoup sont encore incapables d’envoyer un mail, l’inégalité dans cette période n’a jamais été aussi criante.

Campagne, quartier populaire, chacun connait la même difficulté quand Internet devient indispensable sans que l’on puisse en disposer.

Les oubliés du système ne sont pas anecdotiques, “l’illectronisme“ touche essentiellement retraités, chômeurs et précaires par défaut d’équipement ou par incapacité à se servir des outils du numérique.

Pourtant si l’accès aux ordinateurs, aux smartphones, et à la connexion pour accéder à ses droits, aux soins à distance, ou alerter en cas d’urgence apparaît comme une nécessité vitale, cette vérité est aujourd'hui renforcée dans ce moment de pandémie par un besoin permanent de pouvoir garder le lien avec ses proches.

Cette crise ajoute malheureusement de l’isolement à l’isolement

En effet, chacun est content dans cette épreuve de pouvoir voir les siens par le biais d’applications, de recevoir photos ou vidéos. Pourtant, dans certaines zones peu denses

les connexions sont difficiles, voire inexistantes, rendant les personnes isolées, les personnes âgées, plus que jamais abandonnées par notre société.

Mais de l’autre coté de la pyramide des âges se trouvent aussi tout un tas d’enfants scolarisés pour qui les cours à distance en visioconférence sonht impossibles, pour qui le besoin de connexion intensive ne correspond pas à l’équipement disponibles dans les familles.

Cette problématique rajoutée à la promiscuité dans des logements ne permettant pas l’isolement nécessaire pour étudier calmement, devient alors une source de contestation supplémentaire dans des quartiers populaires vivant déjà dans l’incompréhension les mesures de confinement.

Associations, Élus tentent de proposer des mesures d’accompagnement, mais elles restent bien insuffisantes tant les besoins sont étendus, cette solidarité qui tente de s’organiser pourrait-elle servir d’électrochoc pour éveiller les consciences sur la réalité de la fracture numérique ?

ME CONTACTER

© Philippe Buerch 2019 | Conception et réalisation DeuxQuatre.fr