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Grèves : et si la solidarité déshumanisait la société ?




La France vit un blocage dont notre folie des grandeurs syndicalistes voudrait qu’il soit sans précédent.


Paris est à l’arrêt, la Province résiste, chacun s’organise comme il peut !


De cet improbable immobilisme sclérosant l’économie pourrait naître une révolution qui se passerait de revendications, mais surtout de liens humains.


Pour faire face à la difficulté de se déplacer, les entreprises ont “dématerialisé“ leurs salariés: le télétravail bât son plein !


L’idée qu’une présence physique de l’employé ne soit plus indispensable fait son chemin, chacun réfléchit désormais sans aucun scrupule au gain de cette mesure qui est présentée comme une formidable révolution sociale, économique, technologique et environnementale.


Le télétravail c’est la baisse phénoménale pour l’entreprise de l’ensemble de ses coûts, c’est ainsi toute la structure de l’entreprise qui s’allège, laissant entrevoir une meilleure compétitivité, certes, le salarié ne devient qu’un “avatar éloigné“, mais peu importe la susceptibilité, la seconde étape pourrait être le recrutement freelance pour parfaire le concept du zéro contrainte, dont on pourra alors se vanter que la mesure réduit considérablement le bilan carbone puisque le salarié est prié de rester chez lui pour travailler !


L’employé pour sa part y voit plus de flexibilité, de confort, peut garder “bébé malade“ tout en continuant de travailler, tellement culpabilisé par cet allégement virtuel, il n’a plus aucune limite dans son implication, puisqu’il considère lui-même qu'il n’a plus aucune contrainte, ou: “ comment gagner en productivité en mêlant étroitement vie professionnelle et vie privée “


Une tendance ?


Les hypermarchés ont un temps d’avance sur le concept, puisque certaines enseignes multiplient leurs boutiques entièrement automatisées, au grand damne des syndicats, qui y voient leur potentiel de blocage réduire comme peau de chagrin.


Cette automatisation a fait des émules, ces derniers jours une nouvelle envie de se passer de l’humain a fait son chemin dans l’esprit de certains parisiens qui ont lancé une pétition pour que l’ensemble des lignes de métro de la capitale soient automatisées ; excédés d’être les perpétuelles victimes des conflits sociaux, pour eux: « la RATP sans ses agents c’est le bonheur des usagers » !


D’autres, tout aussi las de cette grève, expérimentent la médecine à distance, en se faisant prescrire deux Guronzan et 3 vitamines par téléconsultations, désormais, la société urbaine vit par écrans interposés.


Quant aux achats de Noel, ils se feront en ligne, puisque circuler est un enfer autant s’offrir le paradis de l’“Amazonie“, si les commerces sont vides, le sapin de Noel sera quand même bien garni !


Ce qui peut paraitre un épiphénomène ou un scénario fiction-catastrophe est pourtant un véritable sujet de réflexion, au moment où nos territoires pleurent de leur désertification, nous allons vers unae nouvelle forme de distorsion des liens humains, un cloisonnement institutionnalisé, où l’homme ne sera plus le centre de l’activité, là où l’humain n’est déjà plus le centre des préoccupations, là où la notion de service a été effacé de nos campagnes, le paradoxe de ces mouvements sociaux c’est que :


« Nous assistons peut-être à la première étape de la déshumanisation de nos grandes agglomérations ».

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