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L’abandon d’Europa City sonne comme un parallèle au réaménagement de nos territoires



Il y a dans cette actualité bien plus qu’un renoncement politique qui marque les atermoiements des grands projets structurants, il y a dans cette annonce la confirmation d’une mutation des esprits vers une nouvelle philosophie de vie.


Les “méga- complexes“ dont la France rêvait pour accéder à son eldorado du consumérisme à l’instar de ses voisins outre atlantique dont les “malls » démesurés érigés en temple du « Je consomme, donc Je suis » - qui ont été abandonnés par les grandes marques, désertés par les jeunes, qui sont devenus aujourd'hui des zones fantômes, victimes de l'explosion du commerce en ligne et des nouveaux modes de consommation - ne font plus fantasmer personne.


L’attractivité des projets se mesure aujourd’hui dans la capacité de remettre de l’humain au coeur du développement, ceci avec une notion prégnante de “bien vivre, bien être “ étroitement liée à l’activité économique, dont on envisage qu’elle s’inscrirait non pas dans l’extension des territoires mais dans le renforcement du bassin de vie de toute une région, remettant la proximité comme préalable de toute idée.


L’appétence de la société pour l’économie verte, restructure également la pensée, changeant ses modes de consommations, de loisirs et de socialisation, ainsi dans l’inconscient collectif, la “bétonisation“ a un impact négatif sur le marqueur environnemental mais aussi sociétal.


Les infrastructures commerciales, professionnelles sont repensées en “tiers lieux“ ouverts sur l’autre dans une volonté de rompre avec l’individualisme mercantile, le capitalisme doit désormais être vertueux, il doit offrir un épanouissement collectif dont le gain profite à des valeurs communes.


Bâtir des infrastructures commerciales dont le seul but est de créer de l’emploi dont personne ne peut assurer la pérennité sans que l’on puisse y conditionner une réelle démarche évolutive qui traduise une volonté plus structurelle d’y accompagner l’humain dans une perspective trans-générationnelle, n’est plus envisageable dans notre société.


Les “malls“, qui aux États-Unis ont contribué au développement des "suburbia" - banlieues blanches américaines- sont vus en France comme un “phénomène inversé “ où la consommation de masse serait offerte en guise d’un nouveau renoncement d’inclusion des zones délaissées, des structures vouées à péricliter car elles ne s’inscrivent pas dans un idéal commun, mais ne sont faites que pour répondre à la bonne conscience du moment.


Le cas d’Europa City parle aux territoires qui chaque jour mènent une politique inclusive pour maintenir leur attractivité en inscrivant leur démarche dans le temps long; pour ne pas commettre les erreurs du passé où ce qui a été présenté comme une fulgurante révolution économique a vidé les centres-ville, tué toute proximité et a fragmenté le tissu social de beaucoup d’agglomérations, détricotant ainsi la trame économique de bien des régions.