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La désertification en zone rurale





« Jura : sans accès internet, un retraité de 87 ans dans l’impossibilité de payer ces impôts en ligne se voit refuser son paiement par chèque »


En lisant cette information qui n’a rien d’anecdotique mais au contraire symbolise toute la détresse d’une population à qui l’on notifie qu’elle n’est plus adaptée à notre civilisation, je pense à mon père qui inaugurait avec émotion il y a à peine quelques jours la mairie de son petit village de Bairols sur lequel il veille amoureusement depuis des décennies.


Une petite commune à flanc de roche où l’on connaît tellement bien la nécessité, et la difficulté d’accéder aux services publics pour ne pas devenir un simple village de carte postale.

La ruralité ne peut exister sans les mots ‘solidarité’, ‘proximité’, ‘accessibilité’, c’est un défi permanent qui se heurte implacablement à la fracture territoriale et au sentiment d’abandon des territoires ruraux par les pouvoirs publics.


Les métropoles tentant de soutenir une ruralité laissée en déshérence, dont on ne sait plus de quoi elle peut encore prétendre être la bénéficiaire, tant la désertification des services publics l’a éloigné des actions les plus élémentaires de ses administrés et privée de tout.

En effet, plusieurs décennies de repli des services publics sous le signe des économies budgétaires ont durablement marqué le territoire, dans une mutation prétendue vertueuse qui a conduit la ruralité à l’abandon, à l’éloignement, à l’isolement, jusqu'à faire naître le sentiment de relégation, dont chacun a pu mesurer le ressenti lors des premières manifestations des gilets jaunes à travers le pays.


Ce sacrifice du terroir, entraine les paradoxes les plus fous, dans des communes coupées de tout, aux populations vieillissantes, pénalisées par la fracture numérique, par la désertification des services publics, on a pourtant remplacé l’humain par les démarches en ligne, plaçant toute une génération dans la détresse et l’exclusion.


La question de l’accès aux services publics est redevenue comme l’a montré cette crise, une question centrale pour lutter contre la déprise de certains territoires.


Dans cet enfer de l’exclusion se niche aussi le spectre de l’emploi, une angoisse du chômage plus que jamais présente dans les esprits, conjuguant le problème d’attractivité de ces « zones oubliées » à ceux de la mobilité: « une spirale infernale entrainant une perte croissante de population qui contribue de façon exponentielle à la disparition des services publics »

Il est temps de retisser ce lien vital, avant que nos petites communes ne deviennent des archipels oubliés…

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