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La soft ruralité



Le 30 janvier 2020, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité le projet de loi visant à protéger le « patrimoine sensoriel des campagnes » .


Les bruits et odeurs du monde rural devraient ainsi être protégés, ce après des plaintes sur le son des cloches, du chant du coq ou autres joyeusetés.


Pourtant, si la campagne tient à son patrimoine particulier, en cette période électorale sa mutation ne peut que nous interroger.


En effet, dans les années 1950 un maire sur deux était agriculteur en France, aujourd'hui leur nombre est en chute libre et ils se retrouvent parfois démunis face aux demandes de nouveaux concitoyens, et face au changement des mentalités dans les campagnes.


Les attentes des nouveaux habitants des campagnes, vivant le monde de la ruralité comme un sas de décompression au stress de leur vie urbaine, et les décisions de certains élus confortant

la suspicion autour des pratiques des agriculteurs tentent à prouver une émergence d’une volonté paradoxale d’un monde terrien épuré, vidé de ses caractéristiques rurales.

L’absence d’agriculteurs dans les conseils municipaux, créée un déficit de pédagogie au coeur d’une nouvelle ruralité qui n’accepte pas, ne comprend pas l’activité agricole, essence même de nos campagnes, et nous voyons émerger l’idée que nos territoires campagnards devraient ressembler à des Center-Parcs pour urbains repentis imposant leur vision tronquée de la ruralité.


Si nous devons repenser nos territoires, il ne faut pas en exclure ni leur singularité, ni leurs particularités, et encore moins rejeter leur âme en faisant disparaitre un tissu économique primordial à leur survie. Aussi, l’agriculteur doit retrouver toute sa place dans le débat municipal et citoyen.

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