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Le salon de L’Agriculture, Paris n’est plus une fête ?



C’est dans un contexte “ d’agri-bashing “ que s’est ouvert cette dernière édition du salon de l’agriculture, bien loin de sa première édition de “ simple concours agricole en 1964“ .


Si les « politiciens chasseurs de voix » ont toujours défilé entre les stands, désormais la représentation ne suffit plus, c’est aujourd'hui de l’action politique concrète que dépend la survie des agriculteurs, il ne s’agit plus simplement de décerner des prix, ou d’offrir une bouffée rurale aux citadins, les enjeux sont bien moins terre à terre, et nationaux, chacun sait que depuis la PAC, ils dépassent largement nos frontières.


Aussi, si le Président de la République, semblait prendre un certain plaisir à déambuler dans les halls, il ne pouvait pour autant se contenter d’y faire de la figuration :

« Au-delà du succès de la ferme pédagogique, c’est de la parole du chef de l’État que chacun attendait de pouvoir tirer enseignement »


La Transition Écologique vécue comme une contrainte de plus, dans une agriculture de plus en plus normée, avait besoin d’un message clair pour lever les ambiguïtés.


Emmanuel Macron s’est engagé à aider les agriculteurs à accomplir cette transition dans les meilleures conditions, annonçant le lancement d’un programme de recherches, doté de 30 millions d’euros pour cultiver et protéger autrement.


L’objectif étant de développer des pratiques innovantes, tout en accompagnant financièrement les agriculteurs dans cette étape.


Bien loin de la fraîcheur de l’odeur des foins, la sortie du glyphosate était aussi une thématique attendue, si le Président de la République a toujours indiqué que les agriculteurs ne seraient pas laissés sans solution, la géométrie variable du sujet peine à rassurer les agriculteurs pris pour cibles.


Les alternatives viables pour organiser une sortie du glyphosate sur des bases objectives sont à l’étude, il semble d’ores et déjà possible d’envisager une réduction très importante des quantités utilisables notamment en viticulture ou en arboriculture, mais le sujet peine encore à convaincre.


Ce que l’on retiendra de cette dernière édition, c’est que le Politique ne peut plus se contenter d’arriver les mains vides, et de parfaire sa notoriété à coups de bière et de rondelles de saucisson, c’est désormais une tribune politique où aucune erreur n’est permise, la souffrance du monde agricole est une réalité, où chaque nouvelle contrainte de productivité sonne comme une invective de plus.


Nourrir l’homme est devenu bien compliqué…

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