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Psychiatrie : Avis de défaillance généralisée

Depuis quelques jours nous sommes plongés dans une actualité qui nous interpelle sur la difficulté de la prise en charge psychiatrique et psychologique d’une population vivant une situation inédite de polycrise, conjuguant souffrances psychologiques, défaillances psychiatriques et dépendances à des substances psychoactives addictives.


L’assassinat tragique d’une enseignante au pays basque s’inscrit dans une détresse psychologique sans précédent de la jeunesse depuis la pandémie, nous alertant une fois de plus, sur la difficulté de la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques.


L’anxiété, la dépression ne laissent pas nécessairement présager d’une pathologie psychiatrique sous-jacente, pouvant conduire à un tel drame, et c’est sans nul doute ce qui est le plus difficile à appréhender, lorsque nous sommes soumis à de telles tragédies.

Ce crime effroyable replace dans le débat le manque de moyens de notre système de santé, et plus particulièrement de la psychiatrie, parent pauvre de la médecine, dépourvue de structures d’accueil et de soin suffisantes.


Discipline non prioritaire pour les Autorités de Santé, comme nous l’avons vu pendant la pandémie, l’absence de structures de soins palliatifs en psychologie / psychiatrie nous rappelle, à chaque tragédie, l’impérieuse nécessité investir dans ce mal du siècle.

Cette difficulté à répondre au suivi des patients, est un danger pour les patients eux-mêmes, comme pour leurs proches, pour le personnel médical, et plus globalement pour notre société, ce qui devrait nous alerter sur la nécessité de traiter le problème à la source, plutôt que de regarder ces homicides par le seul prisme de la Justice comme nous le faisons trop souvent, légitiment bouleversés par l’émotion que suscite l’horreur de ces évènements.


Le problème de la gestion de notre système de sante se traduit par un manque de moyens humains, alors que l’humain est le cœur du soin ; les politiques de rationalisation, et de rationnement des soins ont conduit à la destruction d’une prise en charge digne et efficiente des patients ; le temps accordé à la psychiatrie est aujourd'hui essentiellement celui de la prescription médicamenteuse, alors que la psychiatrie est la discipline de l’écoute et du temps long.


Ce manque de moyens se traduit également dans l’incapacité de disposer d’un personnel qualifié dans les établissements scolaires, pour aborder, détecter et répondre au problème de la violence active ou subie par une jeunesse, de plus en plus brutale dans son rapport à l’autre, et défiante vis-à-vis de l’autorité.


La question aujourd'hui est de savoir combien de drames allons-nous encore vivre avant de comprendre que la santé mentale est le préalable de tout.


La défaillance de notre système de santé est-elle une fatalité ?


Nous pouvons nous poser légitimement la question, sans aucun esprit polémique, car après le Ségur de la Santé, les Assises de la Psychiatrie, il semble que nous soyons toujours aussi dépassés par la situation ; ceci est une question de considération pour le personnel soignant, pour les patients, et au-delà de l’enjeu de santé publique, il pourrait s’avérer que nous soyons confrontés aux défaillances de l’organisation de la sécurité publique.



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