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Quand le destin du Sahel se mêle au destin français




13 de nos soldats ont perdu la vie dans un combat extérieur qui nous semble lointain alors qu'il assure la sécurité de chacun de nos pas.


Comme toujours l’émotion est vive, entraîne des réactions qui ne sont que des surréactions où la tristesse s’entremêle à l’incompréhension jusqu'à en perdre le sens des réalités, comme si l’on pouvait laisser penser que « nos soldats seraient morts pour rien ».


Prétendre vouloir réexaminer la stratégie française dans sa bataille menée contre les djihadistes au Sahel, ne peut se faire sans accorder le respect nécessaire aux 13 vies sacrifiées, et sans garder à l’esprit que la lutte contre le terrorisme dans un contexte sécuritaire régional aussi explosif ne peut relever que du temps long.


Demander le retrait de nos troupes serait une méconnaissance géopolitique de la chose, certains semblent ignorer que l’opération Barkhane se trouve aux portes de l’Europe, il y a la même distance entre Gao et Paris, qu’entre Mossoul et Paris, la présence de nos troupes concerne, certes, aussi nos partenaires européens qui doivent nous apporter renfort, mais il ne faut pas penser que l’engagement français serait une « solidarité bien-pensante » c’est aussi si on peut le dire sans pudeur, « une nécessité égoïste d’agir » car ce que nous faisons au Sahel contre les djihadistes assure notre sécurité sur le territoire français.


Si nous ne faisons rien, nous aurons en face de nous des territoires immenses, délaissés par les États, qui deviendront des refuges pour les groupes terroristes affiliés à Daech, qui renverseront non seulement les régions, mais aussi les Nations.


Nous ne pouvons avoir une vision réduite de la chose, la question n’est pas de savoir ce que nous faisons au Mali, ou même de savoir si le Mali a besoin de nous, la réalité est toute autre, si nous ne faisons rien c’est l’hydre islamiste qui prendra le pouvoir, et ce ne sont plus des groupuscules qui s’attaqueront à nous mais carrément des États.


Gardons cette réalité à l’esprit, nos troupes ne se battent pas par idéologie, ou encore moins par démagogie, elles sacrifient leur vie pour nous protéger de la barbarie.


Que nous repensions l’implication de nos forces alliées est une impérieuse nécessité, que nous remettions en question la présence de nos hommes serait non seulement une insulte à leur engagement, mais aussi une inconséquence folle.

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