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Retour sur la Convention de la Droite




L’histoire se rappelle parfois à nous dans des moments qui nous interpellent par la distorsion entre leur simultanéité et leur opposition frontale de concordance.


Ce week-end au moment même où la Nation rendait hommage à Jacques Chirac se tenait la Convention de Droite, ironie ou tragédie de l’histoire, que de voir la France émue aux larmes, honorer aux Invalides l’homme qui en 2002 lors du discours de Villepinte avait exhorté les Français à ne jamais composer avec les extrêmes; pendant qu’à quelques pas de là, un groupuscule d’intellectuels radicaux tentaient à la Palmeraie de dissoudre la Droite dans les extrêmes.


Le dernier souffle de Jacques Chirac semblait vouloir sonner le rappel de ses valeurs à cette Droite qui s’est tellement égarée dans sa propre identité qu’elle en vient à des égarements identitaires pour seule pensée.


Comment ne pas se souvenir alors d’une autre phrase marquante de notre histoire politique? Celle prononcée par Valery Giscard d’Estaing un soir de débat d’entre deux tours en 1974 où Mitterrand fut renvoyé dans les cordes avec un « vous n’avez pas le monopole du coeur » assassin.


Et c’est de là précisément, de ce monopole ancré dans l’inconscient collectif que provient l’immobilisme qui fragilise notre pays jusqu’à en provoquer des maux qui se transforment en gangrène.


Nous avons sombré sans même nous en apercevoir, dans un politiquement correct, dans une culpabilisation extrême jusqu’à penser qu’il était extrémiste de parler d’autorité, au point de ne pouvoir le faire sans être taxé d’autoritarisme, et petit à petit nous avons confié aux extrêmes le monopole des questions sécuritaires, migratoires, identitaires jusqu'à ce que les extrêmes les vides de leur valeur première : l’humanisme !


Nous ne pouvons plus fuir nos responsabilités, notre société a besoin de retrouver un cap clair, d’avoir une vision politique qui ne laisse aucune place aux interprétations juridiques indécentes et encore moins aux arguties politiques indignes qui conduisent une partie de ce pays à penser que la préférence nationale employée par euphémisme du nationalisme, soit le seul recours d’émancipation d’une société qui serait à l’aube de vivre la théorie aussi apocalyptique qu’abjecte d’un grand remplacement.


Ce qui s’est passé ce weekend dans notre pays, témoigne de l’impérieuse nécessité de nous emparer avec pragmatisme et humanisme des questions fondamentales qui structurent notre Nation et dont nous avons laissé depuis trop longtemps le monopole aux extrêmes jusqu'à ce que liberté, autorité, responsabilité, immigration, demande d’asile, sécurité, terrorisme ne puissent être évoqués que dans un amalgame xénophobe, crasse et sibyllin.


Aucune cause, aucun sujet ne peut être abordé avec justice et justesse s’il ne l’est pas par le biais de valeurs universelles, fraternelles, pragmatiques, progressistes, humanistes encadrées d’une rigueur sans faille, ce qui n’est en rien une ambivalence mais la faculté de pouvoir respecter la parole donnée, sans quoi les extrémismes tenteront de nous faire croire que pour parer l’inertie d’une société il suffirait de la dynamiter en désignant très précisément les victimes collatérales de ce sacrifice idéologique nécessaire à sa survie.


Il est temps que nous reprenions la main sur toutes ces questions, elles sont les valeurs essentielles qui stabilisent un pays, notre devoir est de pouvoir les replacer dans le débat avec pragmatisme, et volonté d’inclusion pour retrouver une vision collective sereine, apaisée et pouvoir ainsi refaire Nation :


« Un pays n’accomplit de grandes choses que dans la volonté de s’unir pas dans la division » !