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Tourisme : plus que des pistes de réflexion, il faut envisager un véritable plan Marshall !



Répondre à l’urgence sanitaire, tout en sauvant notre économie est la tâche la plus délicate du Gouvernement, dont on comprend qu’il priorise certaines filières, mais renoncer à faire du tourisme une des activités de premier plan reviendrait à méconnaitre qu’il est l’écosystème de notre pays.


L'écosystème de notre pays


Le tourisme fait vivre à lui seul des pans entiers de notre économie : ne pas aborder sa survie dans la stratégie de déconfinement plonge les acteurs de ce secteur dans une profonde inquiétude.


Entre des mesures sanitaires qui vont réduire les capacités d’accueil et d’hébergement, et un calendrier réduisant à son minimum la période d’activité, l’équation est à la fois insoluble et anxiogène : ce sont des milliers d’emplois directs et indirects qui sont menacés, dans un secteur pesant 7,5% du PIB !


Ne pas soutenir le tourisme avec un véritable fond de compensation d’une part, et d’autre part un véritable plan de relance, c’est priver le pays de 40 milliards d’€ par trimestre, ce qui est une manne financière dont on comprend bien qu’elle n’a rien de secondaire, et dont on mesure la misère sociale qui pourrait accompagner l’effondrement de celle-ci.


Une activité tentaculaire mêlant immobilier, hôtellerie, restaurants, cafés, agroalimentaire, artisanat, entreprises du bâtiments, festivals, musées, sites touristiques, parcs à thème, complexes touristiques, etc, etc…la liste est longue pour répertorier ce qui fait la vie économique de nos territoires.


Envisager d'urgence des compensations, nationales et européennes

Un déconfinement région par région pourrait tout simplement signer la mort de certaines d’entre elles, dont l’attractivité économique ne repose que sur le tourisme ; il faut donc envisager d’urgence des compensations intégrales pour ne pas faire de 2020 « une année blanche » privant les acteurs du tourisme, professions connexes, mais aussi collectivités, de leurs recettes vitales.


Cette réflexion doit s’inscrire dans une globalité européenne. Avec la fermeture de l’espace Schengen, c’est une déperdition mutuelle qui s’annonce ; il est donc impératif d’envisager un aide européenne permettant le soutien du tourisme dans son ensemble, renforçant l’action du gouvernement qui ne peut attendre pour réfléchir à la situation.


Oui à une mutualisation des dettes


Une relance du tourisme entrainerait immanquablement un endettement massif contraignant chaque état à devoir emprunter. Il sera dès lors impératif qu’un accès identique à l'endettement et au crédit soit possible. Est-ce l’occasion à ce titre de réfléchir, à l’échelle européenne, à une mutualisation des dettes.


Aussi inédite soit la situation, et indépendamment de l’incertitude générée par celle-ci, il est néanmoins urgent que les acteurs du tourisme, les territoires puissent avoir une ligne claire, tant en matière de moyens, de contraintes, que de calendrier. Il ne serait pas acceptable que le risque sanitaire soit écarté pour certaines régions ou pour certains secteurs d’activité alors même que l’on demande à d’autres d’avoir à subir un préjudice sans précédent, avec pour seule certitude d’avoir été oublié dans cette équation !

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